Expédition en Terre de Baffin

Du 6 Avril au 5 Mai 2019, nous (le sergent Thomas, instructeur à l’Ecole Militaire de Haute Montagne de Chamonix, Romain ostéopathe et moi-même Vincent THIABAUD) avons eu la chance de pouvoir partir enTerre de Baffin dans le NUNAVUT (territoire autonome du Nord-Est du Canada) et plus précisément dans la région de Clyde River, un village Inuit situé à environ 450 km au Nord du cercle polaire arctique.

Notre destination finale étant le Sam Ford Fjord situé à une journée de motoneige de ClydeRiver.Ce fameux fjord est bordé de faces granitiques immenses parmi les plus hautes au monde (certainesfaces présentent des verticales de plus de 1000 m de haut) et chose assez incroyable ces dernières sont« facilement » accessibles par des couloirs très esthétiques qu’il est aussi possible de skier. C’est en quelque sorte la destination de rêve de tout skieur – parachutiste !

Néanmoins se rendre dans un tel endroit ne fut pas une mince affaire et la préparation logistique de notre expédition commença près d’un an avant le départ.

En effet une fois sur zone nous serons en autonomie totale pour plus de 20 jours et nous devrons évoluer dans un environnement qui nous est inconnu. L’objectif étant de parvenir à réaliser des sauts en parachute ainsi que de beaux couloirs à ski.

Nous étions tous attirés par l’immensité et l’isolement de ce fjord et avions à coeur de vivre cet engagement total : une fois là bas nous serions seuls et loin de tout pour trois semaines... Le rêve !

Notre préparation s’est articulée autour de trois grands axes : la logistique du voyage jusqu’à ClydeRiver avec tout notre matériel (14 bagages supplémentaire), la préparation du matériel nécessaire à notre survie dans le fjord et l’entrainement proprement dit pour les sauts et les descentes à ski.

Pour ce qui est du matériel, il nous atout d’abord fallu nous renseigner précisément sur ce dont nous aurions besoin sur place puis essayer de tester ce matériel en conditions « réelles ».

Nous avons donc multiplié les nuits sous tente au coeur de l’hiver afin de nous familiariser avec le montage desdits tentes, et surtout avec nos réchauds à essence (les réchauds classiques à gaz sont en effet inutilisables la bas à cause des températures moyennes qui avoisinent les - 20°c à cette époque de l’année).

Les vacances de Noel et de Février nous ont permis de nous entrainer pour la partie ski et parachute. Nous avons donc essayé de faire un maximum de dénivelé en ski de randonnée afin de nous préparer aux longues journées qui nous attendraient une fois dans le fjord.

Concernant les sauts en parachute il a été nécessaire d’apprendre à voler/chuter avec tout le matériel d’alpinisme nécessaire à l’accès aux sauts, à savoir : gants (2 paires), doudoune gore tex, thermos, piolet, crampons, baudrier, broche à glace, bâton télescopique, corde de 30 m ainsi que la nourriture journalière.

C’est assez perturbant de sauter avec tout ce matériel car on se sent particulièrement engoncé dans notre combinaison. Plusieurs sauts d’entrainements ont été faits avant de parvenir à réussir à emporter tout le matériel en chute dans de bonnes conditions.

Il nous aura aussi fallu estimer la quantité de nourriture à emmener pour subvenir à nos dépenses énergétiques pendant ces 3 semaines sur la banquise.

Nous avons heureusement pu prendre contact avec des gens déjà partis dans ce genre d’environnement afin de profiter de leur expérience en la matière.

Nous sommes début Avril. Les sacs sont prêts et nous ne réalisons toujours pas vraiment dans quoi nous nous lançons mais nous sommes plus motivés que jamais.

Après les inévitables tracas administratifs aux aéroports (il n’est jamais simple de franchir une frontière avec une carabine conçue pour la chasse au buffle,une batterie ne respectant pas les normes aéronautiques et plusieurs kilos de fromage et de nourriture dans ses bagages…). Nous arrivons enfin à Ottawa afin d’acheter l’essentiel de notre nourriture et de la conditionner en rations journalières.

Après une nuit à Clyde River et une journée entière de motoneige, notre contact Inuit nous dépose sur la banquise en fin de journée et continue sa route pour aller pêcher dans un lac encore bien plus au Nord… Ca y est on est tout seul, le silence en cette fin de journée est« assourdissant ». C’est l'une des choses qui m’a le plus marqué : lorsqu’il n’y a pas de vent, ce qui n’arrive que très rarement, il y a littéralement aucun bruit. On n’a pas vraiment le temps d’apprécier car il faut vite monter les tentes avant que le soleil se couche et que la température chute…

Je ne vais pas raconter les vingt journées qui ont suivies car elles se sont beaucoup ressemblées, s’articulant toutes sur le même rythme !

Le premier de nous trois qui était opérationnel mettait de l’eau (enfin de la glace…) à chauffer, prenait la carabine et allait déterrer de quoi déjeuner pour nous trois. Il fallait ensuite installer les panneaux solaires qui nous permettaient de garder chargés notre téléphone satellite et notre GPS. Deux heures plus tard nous étions prêts à partir lorsque la météo le permettait. Et elle a été plutôt clémente avec nous : nous avons pu faire six couloirs incroyables dont le fameux Polar Star et ses 1100m de dénivelé à près de 45° ainsi que 5 sauts tous plus incroyables les uns que les autres…Certains dépassant la minute de chute avant ouverture du parachute ! Mais attention la beauté envoutante des lieux ne doit pas faire oublier leur dangerosité et les nombreux pièges présents : plaques à vents (risque d’avalanche), crevasses, corniches et changements extrêmement rapides des conditions météorologiques.

La préparation et l’entraînement furent essentiels pour la réussite de nos objectifs et la rigueur insufflée par le militaire de notre équipe nous aura bien aidée pour la vie au camp. En effet dans cet environnement glacial la moindre tâche est énergivore et être méthodique et organisé permet de gagner beaucoup de temps et d’énergie. Nous tenons à remercier l’Ecole Militaire de Haute Montagne ainsi que le Groupe Militaire de Haute Montagne pour son aide matérielle, la marque Airglide pour les combinaisons de vol, la marque Rab pour ses vêtements et gants d’une incroyable qualité et le magasin Everest Sport Aussois pour son soutien.

Je remercie aussi tout particulièrement le Colonel Chatillon et l'ancien Proviseur du Lycée Mr Rusterholz de m’avoir fait confiance et aussi mes collègues de PCSI, PC et MPSI sans qui cette aventure n’aurait pas été possible.Un immense merci à vous tous ! Et pour finir un grand merci à l’ours de ne pas nous avoir rendu visite…

 

Vincent THIABAUD Professeur de Physique des PCSI

Historique du lycée

Le Général de Cissey, ministre de la guerre du maréchal de Mac-Mahon fit ordonner par la IIIème République la création d’Ecoles d’Enfants de Troupe (loi du 13 mars 1875).

Le lycée militaire d’Aix en Provence est l’héritier des écoles militaires préparatoires (EMP) de Rambouillet (1884) et de Saint Hippolyte du Fort (1886) qui, réunies, forment à partir de 1934 l’école d’Epinal.

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